HELENE SMITH : figure du jeu.

Publié le par jeucartesurrealiste

 

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n  Marseille est une terre d'exil où les artistes et les intellectuels - considérés comme insoumis par le régime de Vichy - se regroupent dans l'espoir d'échapper à la répression et de fuir la France laissée aux mains des allemands.

n  Dans l'attente de se procurer un visa, les artistes laissent libre cours à leur imagination.
C'est dans ce contexte et à cette époque qu'au cours d'une conversation avec Jacques Hérold, André Breton prit l'initiative, avec la collaboration d'une dizaine de surréalistes de créer un jeu de carte novateur :  le Jeu de Marseille.
Breton, Lamba, Lam, Dominguez, Ernst, Brauner, Hérold, Masson utilisent les frustes moyens dont ils disposent - une palette se résumant aux trois couleurs primaires, de l'encre de chine, des feuilles Canson arrachées dans des albums - et réinventent les honneurs et les couleurs du jeu de carte classique en y intégrant leur propre hiérarchie des valeurs et une symbolique révolutionnaire  .

Qui est Hélène Smith ?

- « Hélène Smith. Sirène de Connaissance. Serrure », crayons noir et de couleurs sur papier-calque, 27,4 x 18,1 cm.

Hélène Smith est le nom d'emprunt sous lequel la medium suisse Catherine Élise Müller (née le 9 décembre 1861 à Martigny et morte le 10 juin 1929 à Genève) a été rendue célèbre, sous la plume du psychologue Théodore Flournoye.

Hélène Smith (1981-1920), née Catherine Élise Müller, prétendait revivre le destin de personnages réel comme Marie-Antoinette ou imaginaire telle une princesse hindoue et disait avoir rencontré des Martiens. Elle connut la célébrité au début du XXe siècle quand parut l'ouvrage du docteur Théodore Flournoy « Des Indes à la planète Mars. Étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie » .

Hélène Smith, semble manifester des facultés médiumniques exceptionnelles. En avril 1892, l’esprit de Victor Hugo devient son guide spirituel et son protecteur. Il est bientôt chassé par un autre esprit répondant au nom de Léopold . Sous cette influence, Hélène écrit et peint trois "cycles" : tout d’abord un cycle hindou, où elle communique des messages en sanscrit et réincarne la princesse indienne Sinandini. Le deuxième cycle "réincarne" Marie-Antoinette. Dans le troisième, elle devient un "voyageur cosmique" qui relate son voyage sur la planète Mars. Pour raconter cette aventure, elle invente une nouvelle langue et peint des paysages martiens peuplés d’habitants à caractère humain.
Le psychologue suisse Thédore Flournoy étudie les états de transe d’Hélène et écrit sur le sujet un livre intitulé Des Indes à la planète Mars. Flournoy y affirme que les esprits sont à chercher dans le subconscient du médium.

Les surréalistes qui s’ intéressent beaucoup aux choses du domaine mystique et psychologiques prennent alors le pseudonyme “Hélène Smith” pour une de leurs cartes. Celle-ci fait parti des cartes “serrures” qui représentent la connaissance. Elle est la “sirène” soit la “reine”. On peut alors insinuer que cette carte représente une sorte de déesse de la connaissance « surnaturelle »...

CARACTERISTIQUES VISUELLES :

Couleurs primaires: Jaune, Rouge, Bleu = Couleurs traditionnelles du tarot marseillais.

Signification:

Rouge: amour, passion, sexualité, colère, interdiction, danger.

Jaune: connaissance, joie, traitrise .

Bleu:   rêve, sagesse, mélancolie.

On peut sugérer que ces couleurs s’adaptent bien aux formes et différents personnages visibles sur la carte : Les yeux bleus du personnage (représentation de l’âme = rêverie, sagesse ). Ce visage au yeux fermés et rond est aussi bleu, il représente sérénité et sagesse. Cette tête de “chat” à l’œil vide serait donc sans âme et jaune donc il peut représenter la traitrise, le vice.

LE CREATEUR DE LA CARTE :

VICTOR BRAUNER était un peintre dadaïste puis surréaliste qui a fait partie de l'importante communauté d'artistes et intellectuels roumains de Paris avec Constantin Brâncuşi, Emil Cioran, Mircea Eliade, Eugène Ionesco, Isidore Isou, Panaït Istrati et Tristan Tzara. Sa jeunesse est marquée par deux faits importants : d'une part, la révolte en Moldavie et les séances de spiritisme de son père auxquelles il assiste en secret il écrit le manifeste de la "picto-poésie". Ni tout à fait peinture, ni tout à fait poésie, la "picto-poésie" juxtapose des formes géométriques différenciées selon la couleur et la touche du pinceau, où s'inscrivent des lettres tracées à la main ou au pochoir, formant dans l'esprit à la fois futuriste, dadaïste et constructiviste, un vocabulaire dont la signification ne prend sens que par leur inscription sur la toile et soulignent l'expression dynamique de l'image.

Après la défaite de juin 1940 et l'occupation partielle de la France par l'armée allemande, Victor Brauner se réfugie dans la famille du poète Robert Rius (dont il vient d'illustrer le recueil Frappe de l'Echo) à Perpignan. Il loge à Canet-plage, puis est en résidence surveillée à Saint-Filiu d'Amont.[réf. nécessaire]En novembre, il est à la villa Air-Bel à Marseille, avec d'autres artistes comme André Breton, Max Ernst, Wifredo Lam, et le militant révolutionnaire Victor Serge, dans l'espoir d'obtenir un visa pour quitter le pays et échapper à la répression. Son attente étant vaine, il est alors caché en Provence par René Char. La précarité de sa vie le contraint à s'adapter et utiliser le peu de matériau dont il dispose. Ainsi, il peint à la cire, matière à qui il donne une valeur alchimique, voire ésotérique...

 

 

 

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